Je n'ai pas honte

Je n'ai pas honte, Réflexions

Le film JE N’AI PAS HONTE raconte l’histoire vraie de Rachel Joy Scott, une jeune étudiante américaine, première victime lors de la tuerie de Columbine en 1999. Grâce à son journal intime et aux témoignages de ses proches, le film nous fait revivre les derniers mois d’une étudiante apparemment comme les autres, avec ses joies, ses peines, son désir de plaire, de savoir qui elle est vraiment et à quoi elle est appelée dans la vie. Avec ses chutes et ses victoires.

REFLEXIONS sur ce que nous apporte son histoire :

     LA RENCONTRE AVEC DIEU
Toute vie spirituelle authentique commence par une rencontre avec Dieu. 
Jésus lui-même nous montre l’exemple. Comme Fils de Dieu, il était en permanence en union avec son Père. Pourtant, nous dit l’évangéliste Marc, après avoir accompli de nombreux miracles et délivrances à Capharnaüm, “Très tôt le lendemain, alors qu’il faisait encore nuit noire, Jésus se leva et sortit de la maison. Il s’en alla hors de la ville, dans un endroit isolé ; là, il se mit à prier” (Mc 1, 35 )
“Seigneur, je suis désolée pour tout ce que j’ai fait. Jésus, je te demande de me pardonner. Et je Te demande d’entrer dans ma vie. Mon Dieu, utilise-moi comme une lumière dans ce monde.”

     FAIRE MÉMOIRE
Après la joie de la rencontre avec Dieu, il nous faut éviter que notre foi ne devienne qu’un feu de paille, l’émotion d’un instant, qui retombe avec le temps, dont on peut même finir par douter avec le temps. La clé pour cela, c’est de faire mémoire pour rendre grâce à Dieu pour le Salut qui est entré dans notre maison. “Celui qui rend grâce attire la grâce” disait Jean de La Croix,  Marie, la mère de Jésus, après tous les événements survenus avec la naissance de son fils, “gardait tout cela dans sa mémoire et y réfléchissait profondément” (Lc 2 ; 19 ). Un moyen très concret, très simple et très précieux pour nous aider à “garder tout cela dans notre mémoire” serait de tout mettre par écrit.  Ecrire peut nous aider à prêter davantage attention à ce qui nous entoure, à observer les moments où Dieu agit particulièrement dans nos vies, à mieux comprendre les événements qui surviennent, et à se souvenir des bienfaits que Dieu nous donne pour faire mémoire de son amour.
“Mon Dieu, Tu sais ce que tu fais et tu sais ce qui est le mieux pour moi. A partir d’aujourd’hui, je place toute ma foi et toute ma confiance en Toi.”
     METTRE EN ŒUVRE SA FOI
Le meilleur moyen de savoir si Dieu est réellement venu nous visiter et de connaître la profondeur de notre foi, est de vérifier si cette foi est agissante. L’Apôtre Jacques nous dit : “Il en est ainsi de la foi : si elle ne se manifeste pas par des actes, elle n’est qu’une chose morte” (Jc 2 ; 17 ). Quand la Foi nous pénètre, elle nous pousse à agir. Dans deux directions : la compassion pour celui qui souffre, et le témoignage. 
“Je ne raterai pas la prochaine occasion. A partir de maintenant, quand j’entendrai cette petite voix au fond de moi qui m’appelle au secours de mon prochain, je l’écouterai.”
     LE DANGER DE LA PRÉSOMPTION
Souvent, après le temps de la joie de la conversion et du témoignage, vient le temps de l’épreuve et de la traversée du désert. C’est un temps nécessaire, qui vient éprouver notre foi, la passer par le feu, afin de nous aider à choisir Dieu, non pas pour ce qu’Il nous donne, mais pour ce qu’Il est. “N’oublie pas que l’or est éprouvé au feu ; ceux qui plaisent à Dieu doivent aussi passer au creuset de l’humiliation”  L’apôtre Pierre reprend cette image de l’or purifié par le feu quand il s’écrie : “L’or lui-même, qui est périssable, est éprouvé par le feu ; de même votre foi, beaucoup plus précieuse que l’or, est mise à l’épreuve afin de prouver sa valeur. C’est ainsi que vous pourrez recevoir louange, gloire et honneur quand JésusChrist apparaîtra” (1 Pi 1 ; 7)
L’épreuve vient souvent en raison de notre présomption. C’est le zèle du jeune converti, qui peut avoir parfois un sentiment de toute puissance en voyant Dieu exaucer sa prière, et pense que cela sera toujours ainsi. On n’a pas toujours conscience de sa propre faiblesse, on ne comprend pas toujours qu’en réalité c’est la Grâce qui nous porte, parce qu’on n’a pas encore véritablement expérimenté que, comme le dit le Christ, “Sans moi, vous ne pouvez rien faire” (Jn 15 ; 5 )
Notre présomption nous conduit à vouloir agir sans Lui, et c’est souvent là que l’on trébuche. 
“Oui, Seigneur Jésus, je crois que sans Toi, je ne peux rien faire. Ne laisse pas mon cœur s’égarer par la présomption. Je ne mérite pas cette grâce du Salut que tu m’as accordé
gratuitement, par pure grâce. Tout vient de Toi et tout est pour Toi. Je ne veux plus agir sans Toi. Sois mon guide pour cette journée, pour que je puisse porter le fruit que tu désires porter à travers moi.”
     NE PAS RESTER SEUL
Lorsque nous sommes accablés par une épreuve, Dieu semble lointain et sourd à nos appels. Bien entendu, il n’en est rien car Il nous l’a promis : “Je vais être avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde” (Mt 28 ; 20). Mais il semble que par nos seules forces, nous ne parviendrons pas à renouer avec Lui. Nous n’en avons pas le courage tant nous sommes accablés. C’est dans ses moments-là qu’il nous faut passer par nos frères et ne pas rester seul. Comme le dit l’adage :
“Un chrétien seul est un chrétien en danger. » Ne restons pas seuls dans l’épreuve, demandons la prière de nos frères pour nous, avec humilité, pour qu’à nouveau notre cœur puissent se rendre attentif et présent à Celui qui est l’Eternel présent. 
 Dans certaines traditions spirituelles, c’est ce qu’on appelle la “seconde conversion”. On n’agit plus “pour Dieu”, avec nos propres forces, mais on se laisse “agir par Dieu”, on laisse
vraiment Dieu prendre le gouvernail de notre vie, pour qu’il la dirige où bon lui semble. On délaisse les “œuvres pour Dieu” pour devenir soi-même “œuvre de Dieu”. On accepte de tout lui remettre, de ne plus rien garder pour nous, à la manière de  “Si je dois tout sacrifier, je le ferai.”
“Seigneur Jésus, aujourd’hui, je veux te remettre entièrement ma vie. Jusqu’à présent, je faisais des choses pour toi que je te demandais de venir bénir. Ma prière était en quelque
sorte : “Que ma volonté soit faite”. Maintenant, je désire être l’instrument de ton amour. Sers-toi de moi comme bon te semblera.” 
     PARDONNER À SES ENNEMIS
L’étape de la “seconde conversion” nous conduit à aimer notre prochain de l’amour même de Jésus, qui est sans limite. Il va jusqu’à l’amour de ses ennemis, qui est le signe authentique d’une foi chrétienne éprouvée. Comme le dit le Christ : “Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous ?” (Mt 5 ; 46). “Et moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent”
(Mt 5 ; 44).
“Je crois que le pardon est l’une des choses qui peut changer le monde”
Posons-nous la question suivante : Qui est cet “ennemi” à qui je n’ai pas encore réussi à pardonner ?
Une fois que le cœur est prêt à pardonner, nous pouvons dire à Dieu “Seigneur, tu connais mon cœur, tu sais combien cette personne m’a fait souffrir. Tu sais combien je lui en veux. Je ne parviens pas à lui pardonner ce qu’elle a fait. Mais, avec ta grâce, tout est possible. Toi qui pardonnes tout Seigneur, viens toi-même, à travers moi, pardonner à cette personne. Donne-moi ta grâce pour qu’un jour (aujourd’hui ?), je puisse lui pardonner de tout mon cœur, en Ton nom.”             
   
Hubert de Torcy 
(SAJE Distribution)

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